Fjordissimo ma non troppo...
Jour IV
Oui… alors c’est ce jour-là que nous partons vers les fjords…
Fidèles à notre entrain matinal légendaire (héhé..) nous partons nos cœurs emplis de joie et de soif d’aventure vers la route 1.
Début de route OK. On se débrouille comme des chefs (parce que faut dire vla les indications dans le pays, hein…)
On s’arrête faire des courses à BJORGANES, pâtes à tartiner à la crevette, au jambon bacon, pain noir, yaourts, un peu de chou… que du bon.

Et on se dirige tout droit vers les immensités. Tellement immenses, ces immensités…L e wildtrip…ça prend quelques heures…On passe par la ville où nous allons dormir (BÚDARDALUR), histoire de refaire un peu d’essence et voir où on va dormir…
Euh…alors on voit où on va dormir… euh… ça fait un peu peur. Alors je me renseigne sur les modalités à la station (lieu de rassemblement autochtone) afin de savoir si nous pourrons prendre notre clef afin de rentrer plus tard….Le gérant de notre villégiature travaille fort heureusement lui aussi dans la station. Il se laisse traduire mes paroles par la gentille jeune fille de la station et nous dit mollement de revenir à partir de 18 heures… OK… On continue alors.
La route se poursuit…
On s’arrête quelques minutes afin de savourer nos précieux achats du matin… Le paysage en face duquel nous mangeons est très beau… grandes herbes brûlées par la neige, cours d’eau, glaçons posés n’importe comment comme à l’accoutumée… Nous exécutons d’ailleurs de très belles figures sur ces pains de glace… pas facile d’en descendre.


La route est belle, on y croise des petits chevaux (qui ne veulent pas être mes amis…), des lignes à haute tension au milieu d’un bras de mer, un portail au milieu de rien, de la glace-cailloux noirs, une route-pont-virage entre la mer et un lac artificiel…Tout cela en longeant un fjord.
Le but de la journée est d’essayer de monter le plus haut possible afin de voir le plus de fjords que nous pouvons… Hélas, sur notre carte la route rouge se transforme en route marron…Même pas mal, même pas peur, nous tentons… 2 minutes…
Il s’agit d’une montée grimpante sertie de bitume mou, glissant à souhait et « Titine » ne peut pas aller plus loin…
Après un demi tour digne d’un cours de permis de conduire, Alix nous redescend leeeeeeenteeeemeeeennnnt…. Tout doucement… parce que ça glisse aussi beaucoup dans ce sens-là …
On se rabat vers un joli petit village ( REYKHÓLAR) qui possède ses petites flaques d’eaux chaudes personnelles de jardin… on a trouvé le secret de ces eaux chaudes (tuyaux et radiateurs of course…)


Ensuite, le vent nous porte vers une route qui nous amène plus en amont, dans les terres… Le paysage enneigé est magnifique. On arrive dans la charmante petite bourgade de HÓLMAVÍK où il y a le musée de la sorcière... Après un tour bref de la bâtisse, un petit écriteau nous indique qu’il faut sonner pour que l’on nous ouvre. On retourne à la voiture pour chercher quelques poissons (les piécettes sont chacune ornées d’un ou plusieurs poissons) et un monsieur tout fumant se dirige vers nous croyant que nous partions.
Il nous ouvre, il y a dans l’entrée un tuyau de jardin... Il range tout son bazar, allume les lumières, met la bande son et cet endroit devient parfaitement charmant ! On découvre un monde de symboles et de paganisme… c’est bien intéressant !!! Toujours ces mêmes histoires de délations et de voisinage mêlées à la chasse aux sorciers (presque pas de « sorcières »)… ça nous permet d’en savoir un peu plus sur l’histoire aussi…
Oserais-je évoquer la nécroculotte qui permet de récolter des sous direct dans le scrotum, les petits tilbéri, mini bouts de chair têtant le troisième téton situé sur la cuisse de leur môman, les symboles d'invisibilité, d'amour, les signes pour trouver les voleurs...etc, etc...? A savoir qu'en Islandie, on ne vole pas sur un balai... pas dans les moeurs...
A la fin de cette visite, le gentilhomme cause avec nous et nous installe une table en plein milieu du musée afin que nous puissions boire notre thé et café tranquilles !!! La Classe !!!
Et le monsieur nous pose cette question qui sera la « précurseuse » d’une longue lignée « Pourquoi visitez-vous l’Islande ? »… Drôle de question, hein, quand on est du coin… héhé…
On croise un bel homme de style inuit qui s’avèrera être un gros touriste comme nous à la fin de notre histoire...
Après un autre demi-tour conduit par mes soins cette fois-ci et l’abandon en conséquence de la visite d’un autre lac, on repart gentiment histoire de ne pas arriver trop tard à notre auberge d’Amityville…
Mais… mais… c’est sans compter sur ce maudit liquide de refroidissement inexistant dans le réservoir adéquat… Nos talents respectifs d’adaptabilité nous font prendre la chose avec légèreté (on a surtout une bouteille d’eau dans la voiture qui nous sauve…).
1h30 de route en nuitée plus tard, nous arrivons à l’hôtel… vide...
On téléphone depuis la station…Le gars nous a oublié. Au bout de quelques échanges difficiles (il parle mal l’anglais, je parle mal l’islandais…) il fini par me demander « when ? » et moi de lui répondre « ben right now… comme on te l’avait dit cet après midi quoi » !!
Au final, tout est bien qui finit bien. L’endroit est désert, on se fait un pique- nique du diable et on essaie de bien dormir… Demain sera encore une longue et belle journée !
